En raison du conflit armé qui perdure depuis 1983 au Sri Lanka, l’accès aux soins de santé de base est difficile. Bon nombre d’enfants ont besoin d’un encadrement psychosocial pour évacuer leurs traumatismes.
Les solutions proposées par Terre des hommes
Santé materno-infantile – Terre des hommes (Tdh) forme des agents de santé qui conseillent les familles et identifient les maladies infantiles. Les femmes enceintes et les mères apprennent que l’allaitement des nourrissons jusqu’à l’âge de 6 mois est essentiel au développement de l’enfant. De plus, Tdh s’occupe de réhabiliter l’accès à de l’eau potable et de construire des latrines.
Encadrement psychosocial – Tdh a créé 30 centres de vie enfantine, dont la gestion a été remise petit à petit à la communauté. Les enfants qui souffrent de la violence de la guerre civile peuvent jouer et suivre des cours; ils y reçoivent un repas et des soins. Dans le cadre d’un nouveau projet, les enfants reçoivent un soutien psychosocial, afin de leur permettre d’évacuer leurs traumatismes liés à la guerre et au Tsunami. Un accent particulier est mis sur le travail avec l’eau et la peur de l’océan.
Reconstruction des services de santé – Depuis 2008, les régions jusqu’alors défavorisées du district d’Ampara et de Batticaloa sont intégrées à la réhabilitation des services de santé: reconstruction des postes sanitaires, formation en santé et nutrition et agrandissement du système d’eau potable.
Les résultats obtenus en 2008
Santé materno-infantile – Le projet de santé a permis d’encadrer 8'000 mères et leurs enfants dans 150 villages et communautés. En outre, Tdh a soutenu 56 centres de santé, spécialisés dans l’encadrement avant et après la naissance.
Encadrement psychosocial –Le projet psychosocial destiné aux victimes du tsunami a permis d’aider 5'000 enfants.
Les défis à relever
Gérer la fin du conflit – Notre intervention afin de venir en aide aux populations du nord du pays, déplacées et traumatisées par près de 30 ans de conflit, est complexe. Ceux-ci vivent aujourd’hui dans des camps dont l’accès est limité. Encadrement psychosocial – La responsabilité de la protection de l’enfance au niveau local a été confiée à des comités bénévoles de suivi villageois des droits de l’enfant. Leur formation et leur viabilité sont encore difficiles à assurer.
«Guérir les peurs des enfants avec le jeu»
Maria Bray, psychologue, a coordonné les projets de protection de l’enfance et d’encadrement psychosocial de Tdh au Sri Lanka durant deux ans. Elle y dirigeait une équipe de 43 collaborateurs et de 120 bénévoles locaux.
«Après un événement traumatisant, le langage n’est pas le moyen de communication préféré des enfants. Ils s’expriment plus aisément par le jeu et le dessin. Ces moyens de communication leur permettent de reproduire les événements et de les évacuer. Nous favorisons les jeux axés sur leur développement cognitif, émotionnel et corporel et formons des animateurs locaux qui organisent des jeux de groupe axés sur le développement de la confiance en soi et l’esprit d’équipe.
Si nous voulons provoquer un changement durable au Sri Lanka, nous devons transmettre notre expérience et établir des entités qui subsisteront même après la fin du mandat de Tdh. Il est important pour moi que Tdh aide les collaborateurs, les communautés et les bénévoles locaux à se prendre en main et à s’autogérer. Pour y parvenir, nous gérons nos projets en collaboration étroite avec des habitants, intégrons leurs connaissances et adaptons nos concepts à la réalité culturelle.
Je crois fermement que nous pouvons influencer positivement l’avenir d’un pays si nous nous occupons des enfants et de leur milieu social. Les enfants qui subissent des traumatismes graves se remettent habituellement très vite grâce aux activités psychosociales. La vitesse à laquelle le processus de guérison se met en place est très motivante.»

